Actions, textes et communiqués


Actions


12 juin 2021 : Participation à la manifestation pour nos libertés et contre les idées d’extrême droite

11 juin 2021 : Création de l’Observatoire montpelliérain des libertés et des pratiques policières (OLM)

Création de l’observatoire par la LDH, Amnesty International Montpellier, le Syndicat des Avocats de France et la campagne StopArmesMutilantes.

https://www.midilibre.fr/2021/06/12/un-observatoire-des-libertes-publiques-vient-detre-cree-9601367.php

https://www.francebleu.fr/infos/societe/libertes-montpellier-observatoire-manifestations-ldh-amnesty-policieres-1623416163

https://www.lamuledupape.com/2021/06/11/creation-dun-observatoire-des-libertes-publiques-et-des-pratiques-policieres-a-montpellier/

Depuis novembre 2020 : contre la Loi de sécurité globale

Notre collectif participe au collectif Danger Loi Sécurité Globale (DLSG) depuis sa création en novembre 2020 à Montpellier. Ce collectif DLSG Montpellier composé d’une soixantaine d’organisations demande le retrait de l’entièreté de cette loi.

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Des articles de cette loi concernent directement notre campagne d’interdiction des armes policières mutilantes. L’article 24 interdisant de filmer les violences policières rendra encore plus compliqué pour les victimes la caractérisation des violences policières dont celles liées à l’utilisation d’armes mutilantes. L’organisation d’un “continuum de sécurité” ouvrira la possibilité d’équiper les policiers municipaux et les personnels de sociétés de sécurité privées de ces mêmes armes mutilantes, multipliant ainsi les risques de mutilations graves et de morts.
Mais cette loi s’inscrit aussi plus globalement dans un contexte de montée de l’autoritarisme de l’Etat et de violences policières systémiques, qui restreignent gravement les libertés publiques et individuelles.
Nous participons aux réunions du collectif DLSG, aux manifestations régulièrement organisées, conférences de presse, rassemblements, tractages. Nous avons aussi organisé plusieurs tournées de collages d’affiches communes aux deux collectifs.
La loi sera examinée en mars 2021 au Sénat. Il faut nous mobiliser massivement pour exiger son retrait.
Vous pouvez retrouver les publications du collectif DLSG sur FB :
https://www.facebook.com/groups/3455631677853039/?multi_permalinks=3677979692284902

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21 septembre et 8 octobre 2020 : Un pays qui se tient sage de David Dufresne au Diagonal

Le 8 octobre 2020, séance suivie d’un débat animé par le Collectif Stop Armes Mutilantes, avec Kaïna et Yann, mutilé.e.s, La Mule du Pape et la LDH.

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Le 21 septembre, avant-première avec David Dufresne.

Débat filmé par La Mule du pape

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18-19 juillet 2020 : Village jaune

Le week-end des 18-19 juillet se tenait le village jaune au rond-point Près d’Arènes. On y était pour soutenir et présenter la campagne notamment lors d’un débat sur les libertés dimanche matin aux côtés de BDS et de la Libre Pensée.

16 juin 2020 : Manifestation Solidarité avec les soignants

La campagne pour l’interdiction des armes policières mutilantes était présente et visible mardi 16 juin 2020 dans le cortège en soutien aux soignants. Plus de masques et de tests, moins de grenades et de LBD !

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12 janvier 2020 : 4ème marche des mutilé.e.s

La 4ème marche organisée par les mutilés pour l’exemple s’est déroulée à Montpellier le dimanche 12 janvier 2020. La campagne pour l’interdiction des armes policières mutilantes a soutenu et participé à la journée.

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En images

4ème Marche des mutilés, Montpellier, 12/01/2020

4ème Marche des mutilés, Montpellier, 12/01/2020

4ème Marche des mutilés, Montpellier, 12/01/2020

Dans la presse

“Gilets jaunes : une marche en hommage aux blessés en manifestation”
Par Marie Deghetto, la Gazette, le 12 janvier 2020

Ce dimanche, environ 500 manifestants ont participé à la quatrième “Marche des mutilés” du mouvement des gilets jaunes organisée à Montpellier. Une manifestation pour rendre hommage aux blessés et réclamer l’interdiction des armes non-létales, comme le lanceur de balles de défense (LBD).
Une dizaine de blessés, dont certains ont perdu un oeil, ont pris la tête du cortège parti de la place de la Comédie à 14h30. La manifestation s’est déroulée sans heurt et s’est achevée vers 16h devant la gare Saint-Roch.  Lire l’article

Montpellier accueille la 4e marche des “mutilés pour l’exemple du mouvement gilets jaunes”, Midi Libre, le 12 janvier 2020
Ce dimanche 12 janvier à partir de 14 h, la ville de Montpellier accueille la quatrième marche des “mutilés pour l’exemple” du mouvement des “gilets jaunes”.
Dès 14 h cet après-midi, rendez-vous est donné sur la place de la Comédie d’où débutera là 4e marche des “mutilés”. Le cortège passera par la préfecture, le Peyrou puis redescendra vers la gare Saint-Roch.
“Des prises de paroles auront lieu tout au long de la marche afin de laisser s’exprimer des intervenants, collectif contre les violences policières, médecins et d’autres mutilés”, expliquent les organisateurs. Lire l’article

Montpellier: 4e «marche des mutilés» contre les violences policières, Le Figaro, le 12 janvier 2020
La quatrième «marche des mutilés» contre les violences policières et l’usage des LBD notamment a rassemblé quelque 350 personnes selon la préfecture, 700 selon les organisateurs, ce dimanche 12 janvier à Montpellier, à l’appel du collectif des «mutilés pour l’exemple». Lire l’article

“Eux ils tirent, ils s’en foutent, mais ça change une vie”, Dylan, éborgné lors d’une manifestation, France bleu Hérault, par Elena Louazon, le 12 janvier 2020
Environ 500 personnes se sont rassemblées à Montpellier (Hérault) pour dénoncer l’usage des armes mutilantes par les forces de l’ordre. Plusieurs gilets jaunes blessées ont participé à cette “marche des mutilés”. Dylan a perdu son œil en avril 2019, à 18 ans. Il témoigne. Lire la suite

Montpellier : une marche pour dénoncer les violences policières et l’usage du LBD, France 3 Languedoc-Roussillon, reportage diffusé lors du 19/20 le 12 janvier 2020
A Montpellier, des centaines de manifestants, venus de toute la France, se sont réunis sur la place de la Comédie aux alentours de 14 heures pour rendre hommage aux gilets jaunes blessés lors de précédents rassemblements en France et donc, pour dénoncer les violences policières. Voir la vidéo

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18 décembre 2019 : Conférence de presse de lancement de la campagne

Mercredi 18 décembre 2019, s’est tenue à “La Carmagnole” à Montpellier une conférence de presse pour présenter la campagne “Interdisons les armes policières mutilantes !

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Conférence de presse du collectif, 18/12/2019

Présentation du collectif, 18/12/2019

“Montpellier : « Stop Armes Mutilantes » veut faire interdire les armes policières”, Lemouvement.info, par Elodie Guiraud, le 18 décembre 2019.
Depuis le 5 décembre, une campagne contre la “répression” a été lancée par le collectif “Stop armes mutilantes”. Objectif : Interdire les armes policières “mutilantes”.
Alors que la France est bousculée par le mouvement des Gilets Jaunes et les grèves de décembre contre la réforme des retraites, les tensions entre manifestants et forces de l’ordre sont, plus que jamais, palpables.
Lire l’article

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5 décembre 2019 : Manifestation pour la défense des retraites

Lancement de la campagne “Interdisons les armes policières mutilantes !”.

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5/12/2019

5/12/2019

Film réalisé pendant la manifestation.

“Contre les armes mutilantes, une nouvelle campagne lancée à Montpellier”, Le Poing, 19 décembre 2019
Après une année d’apathie devant un niveau de répression ahurissant, un large éventail d’organisations montpelliéraines espère un sursaut en se concentrant sur la seule interdiction des armes destructrices utilisées par la police.
Le 5 décembre dernier, un nouveau collectif apparaissait dans la rue. On était en pleine manifestation géante contre la réforme des retraites. Un grand nombre des vingt-cinq mille manifestants avaient leur attention attirée par une installation militante très efficace, autour d’un seul slogan, sur une seule banderole : http://www.stoparmesmutilantes.orgEn bordure du parcours, contre les murs aveugles du collège Clémence Royer boulevard Louis Blanc, on ne voyait que ça, complété par les portraits monstrueux de victimes d’armes de guerre, avec leurs blessures, au cours de l’année écoulée. Lire l’article

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Textes, communiqués

Newsletter d’avril 2021 – Les armes mutilantes : un problème aux multiples facettes

Alors que la France traverse une grave crise sanitaire, avec ses impacts économiques, sociaux et démocratiques, le gouvernement augmente sa politique répressive (lois liberticides, effectifs supplémentaires de policiers et de gendarmes, création d’une “école de guerre” à Montpellier, nouvelles commandes de munitions, …) laissant entrevoir un usage accru des armes mutilantes comme moyen d’intimidation, et sans investir les moyens nécessaires pour les services publics de santé, de recherche ou encore d’éducation.

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Il y a un an, le 4 avril 2020, une fillette de 5 ans, accompagnée de sa famille, était frappée au crâne alors que la police effectuait des tirs de LBD. C’était pendant le premier confinement dans un quartier de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) et la fillette a dû être placée en coma artificiel à cause de la fracture [1,2]. Contrairement à d’autres blessé.e.s et mutilié.e.s par les armes dites non-létales, elle n’était certainement pas la cible des tirs, mais une « victime collatérale » comme il y en a tant dans les conflits armés.

La non-létalité présumée des armes mutilantes (LBD, grenades) est un prétexte pour poursuivre la course aux armements que l’on observe chez les forces policières [3]. Celles-ci ne tueraient pas, l’État peut donc les utiliser sans ménagement. Cette licence d’utilisation fait aujourd’hui de ces armes un problème aux multiples facettes.

Dégats démesurés. Contrairement à leur appellation, ces armes ont tué, tuent et tueront encore si elles ne sont pas interdites : Zineb Redouane atteinte par une grenade lacrymogène en marge d’une manifestation de gilets jaunes à Marseille en 2018 [4] ou encore Rémi Fraisse tué par une grenade offensive lors d’une manifestation contre le barrage de Sivens en 2014, une mort dont on finira par connaître les responsabilités [5]. Quand elles ne tuent pas, ces armes mutilent à vie. Les exemples de mains arrachées, d’yeux crevés, de crânes ou visages défoncés sont connus et malheureusement nombreux [6]. Ces armes agissent aussi sur la psychologie des populations. Au premier chef, de celles et ceux qui sont blessé.e.s ou mutilé.e.s, mais aussi de celles et ceux qui savent qu’elles ou ils auraient pu l’être.

Addictions dangereuses. Appuyer sur la gâchette devient plus facile lorsque les armes sont dites non-létales et lorsque leur usage est autorisé, voire encouragé. Les tirs tendus ou à bout portant visant les personnes sont ainsi devenus une pratique courante. Cette nouvelle addiction au tir est entretenue par des commandes massives. Alors que des stocks sont toujours disponibles, 170 000 balles de LBD ont été commandées à la mi-mars 2021, dont 10 000 sont des balles marquantes [7,8]. Ces dernières sont complémentaires aux dispositifs et lois de surveillance de la population dont les plus récents adoptés ou en cours d’adoption : décrets de fichage [9], loi sécurité globale [10, 11], loi dite « séparatisme » [12]. Aussi, dans une sorte de jeu récréatif type Paint-Ball, les balles marquantes renforcent l’illusion de la non-létalité [8]. Cette dérive « ludique » du maintien de l’ordre n’a pas échappé à des créateurs de jeux de vidéo [13]. Par ailleurs, le cercle des tireurs potentiels s’élargit avec les nouvelles dispositions législatives visant à étendre les catégories d’agents autorisés à utiliser ces armes, notamment vers les sociétés privées [14].

Dénis répressifs. Face à la conflictualité, naturelle dans toute société, le choix est fait de s’enfoncer dans cette dérive de répression et de mutilation. De plus en plus souvent, les contestations populaires doivent faire face à une armée suréquipée et dangereuse. Elles doivent être étouffées et disparaître. En parallèle, les dispositifs législatifs restreignant nos libertés agissent comme des pièges desquels on ne peut sortir sans risquer d’affronter les tirs. Mais cette répression qui s’affiche ne veut pas de publicité au-delà. Il faut rendre invisibles aux yeux du « grand public » les dégâts liés à l’usage des armes mutilantes et des brutalités que les smartphones et les réseaux sociaux mettent de plus en plus en lumière [15]. Là aussi, les nouvelles lois offrent la possibilité de poursuivre celles et ceux qui documenteraient les violences [10,12]. La pratique qui consistait à effacer les traces, par exemple dans les quartiers populaires en détruisant les téléphones portables [16], se poursuit également sous différentes formes. Récemment un membre du collectif Désarmons-les ! a été condamné pour violences alors qu’il ramassait des débris de munitions comme preuves de leur utilisation [17].

Tous les ingrédients sont donc réunis pour favoriser une répression large qui marque les corps et les esprits, tout en se présentant comme un rempart démocratique face aux dérives extrémistes. La poursuite des politiques gouvernementales inégalitaires dans le contexte actuel de crise sanitaire ne repose plus que sur le contrôle de l’appareil législatif et sur le déploiement d’une police surarmée qui devient un élément incontournable [18], qui exige l’impunité et qu’il faut cajoler [19], en lui octroyant par exemple de nouveaux droits comme les transports gratuits qui étaient il y a quelques mois décriés comme des « privilèges » des cheminots …

Dans cette époque de dérive autoritaire, les armes mutilantes continuent donc à faire parler d’elles, que ce soit par des nouvelles victimes [20] ou par les instructions judiciaires en cours [21]. Arrêtons donc cette spirale et commençons par faire interdire toutes les armes policières mutilantes dites « non-létales » ! C’est une étape indispensable pour retrouver nos libertés !

Liens et références

[1] https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/04/07/chanteloup-les-vignes-si-les-blessures-de-la-petite-fille-sont-en-lien-avec-un-tir-de-lbd-on-le-saura_6035814_3224.html
[2] https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/aurait-dit-une-zone-de-guerre-le-pere-de-la-fillette-de-5-blessee-a-chanteloup-les-vignes-temoigne-1586580367
[3] Paul ROCHER, Gazer, mutiler, soumettre, La Fabrique, 2020.[4] https://www.huffingtonpost.fr/entry/mort-de-zineb-redouane-une-contre-expertise-de-disclose-met-en-cause-les-crs_fr_5fc53076c5b63d1b770e6c0b
[5] Voir par exemple : https://www.lefigaro.fr/faits-divers/mort-de-remi-fraisse-decision-de-la-cour-de-cassation-attendue-sur-le-non-lieu-accorde-au-gendarme-auteur-du-tir-de-grenade-20210323
[6] Voir par exemple :https://desarmons.net/listes-des-victimes/personnes-mutilees-par-les-forces-de-lordre/https://bastamag.net/webdocs/police/https://www.stoparmesmutilantes.org/des-victimes-par-centaines/
[7] https://nantes-revoltee.com/le-gouvernement-commande-170-000-munitions-supplementaires-de-lbd/ 
[8] https://twitter.com/PaulRocher10/status/1372133827372535811
[9] Article de la Quadrature du net : Décrets PASP : fichage massif des militants politiques
https://www.laquadrature.net/2020/12/08/decrets-pasp-fichage-massif-des-militants-politiques/
Décret n° 2020-1511 du 2 décembre 2020 modifiant les dispositions du code de la sécurité intérieure relatives au traitement de données à caractère personnel dénommé « Prévention des atteintes à la sécurité publique »
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042607323
Décret n° 2020-1512 du 2 décembre 2020 modifiant les dispositions du code de la sécurité intérieure relatives au traitement de données à caractère personnel dénommé « Gestion de l’information et prévention des atteintes à la sécurité publique.
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042607387
Décret n° 2020-1510 du 2 décembre 2020 modifiant les dispositions du code de la sécurité intérieure relatives au traitement de données à caractère personnel dénommé « Enquêtes administratives liées à la sécurité publique »
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042607266
[10]  https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15t0599_texte-adopte-provisoire.pdf
[11] Karine PARROT et Stéphane ELMADJIAN, Sécurité globale, de quel droit ?, documentaire, 2021.
[12] Dossier législatif relatif au Projet de loi confortant le respect des principes de la République (Loi séparatisme)
https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000042635616/
[13]Voir : https://twitter.com/CerveauxNon/status/1383798576052985874 https://www.geekgeneration.fr/riot-control-simulator-une-simulation-de-crs-annoncee-sur-console-et-pc/
[14] Livre blanc de la sécurité intérieure, p. 6.  et p. 152-153.
https://www.interieur.gouv.fr/fr/content/download/125071/1001195/file/livre-blanc-de-la-securite-interieure.pdf
[15] David DUFRESNE, Un pays qui se tient sage, documentaire, 2020.
[16] Ian B, À nos corps défendant, documentaire, 2019.
[17] Voir par exemple : https://reporterre.net/Pour-faire-taire-Ian-B-expert-des-violences-policieres-la-justice-le-condamne-a-huit-mois
[18] Voir par exemple la pression qui a poussé Castaner à démissionner https://www.publicsenat.fr/article/politique/christophe-castaner-le-premier-defenseur-des-flics-de-france-quitte-beauvau-183705
[19] En ce moment avec le « Beauvau de la sécurité ».
[20] https://www.liberation.fr/societe/police-justice/eborgne-lors-dune-fete-clandestine-les-policiers-quand-meme-ils-sen-sont-bien-tires-20210219_EP5HQ6ELSRAABGUE2WXYRVZR5E/
[21] Voir par exemple : https://www.lesmutilespourlexemple.fr/2021/02/08/reouverture-pour-antoine/https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/violences-policieres/l-etat-reconnait-sa-responsabilite-dans-les-blessures-de-lilian-lyceen-strasbourgeois-grievement-blesse-par-un-tir-de-lbd-en-janvier-2019_4335681.html

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Newsletter de janvier 2021 : Bonne année quand même !

En pleine crise Covid, la fin de l’année 2020 aura à nouveau été chargée en termes de violences policières. Les huit derniers jours de novembre auront ainsi donné un large panorama de leurs diversité et omniprésence. Le lundi 23 novembre : des migrant-e-s installé-e-s place de la République à Paris sont brutalement délogé-e-s avec leurs soutiens et les journalistes présents [1]. Le mardi 24 : vote en 1ère lecture de la proposition de loi Sécurité Globale.

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Le même jour, la Défenseuse des droits demande des sanctions administratives, en plus des poursuites judiciaires, dans le cadre de l’affaire Théo (ce jeune homme violé avec une matraque lors d’une interpellation) [2]. Le lendemain : l’État est reconnu responsable d’une blessure par LBD à Lyon (c’est une première) [3]. Le jeudi 26 : diffusion du tabassage du producteur Michel Zecler avec cet enchaînement de violences et d’utilisation d’armes incroyables [4]. Samedi 28 : 2ème journée nationale et massive contre la proposition de loi Sécurité Globale, autour de 500 000 manifestant-e-s, avec son lot de blessures et d’interpellations [5]. Dimanche 29 : publication d’une vidéo montrant des jeunes violemment interpellés par des membres de la BAC dont l’un tire vers eux sans sommation [6]. Et enfin le lundi 30 novembre : expertise privée permettant la reconstitution de la mort de Zineb Redouane et mettant clairement en lumière un tir de grenade par un CRS lors d’une manifestation de Gilets Jaunes à Marseille [7].

 Dans ce contexte, le mouvement actuel pour le retrait de la loi Sécurité Globale et contre les lois liberticides connaît son lot de répression. Face à l’ampleur de la contestation, les manifestations de décembre à Paris ont été sciemment sabotées par la préfecture [8,9]. Les premières manifestations de ce mois de janvier ont également fait l’objet d’une répression policière, visant cette fois-ci en particulier les tenants des “free party” qui s’étaient joints aux cortèges un peu partout en France. Matériel de sonorisation et camions saisis avant ou après les manifestations et de nombreuses interpellations violentes [10].

 Ces premières manifestations de l’année auront aussi été une nouvelle démonstration de l’usage des armes policières mutilantes. Le samedi 16 janvier, il y a eu des tirs tendus à Montpellier (LBD) [11] et à Nantes (grenade lacrymogène) [12] complètement surréalistes mais malheureusement fréquents. On a vu également des policiers pointant au LBD un usager du métro [13]. Dans un tout autre cadre, un promeneur a récemment essuyé un tir de LBD [14]. Comme on ne cesse de l’observer, ces armes mutilantes, dites encore sub-létales ou intermédiaires, favorisent l’augmentation des violences policières et entretiennent un climat de tension permanente. Leur soi-disant non-létalité est une hypocrisie dangereuse et criminelle qui justifie une dotation massive aux fonctionnaires de police (pouvant être rejoints bientôt par les policiers municipaux et des agents privés [15]). Et en retour ceux-ci s’en servent sans aucune retenue, augmentant d’autant le nombre de blessé-e-s, de mutilé-e-s et de mort-e-s [16].

 En ce début d’année, soyons donc encore plus nombreuses et nombreux à manifester pour la défense de toutes nos libertés ! Et notamment lors de la journée nationale du 30 janvier [17]. Continuons à exiger l’interdiction des armes policières mutilantes !

 Nos affiches de campagne font leur apparition en ville [18], n’hésitez pas à les télécharger et à en faire bon usage [19]. Faites connaître la campagne et signer la tribune [20] !

Liens :
[1] Voir par exemple : https://www.liberation.fr/france/2020/11/23/a-paris-plusieurs-centaines-de-migrants-installent-des-tentes-place-de-la-republique_1806517
[2] Voir : https://www.liberation.fr/france/2020/11/24/affaire-theo-la-defenseure-des-droits-reclame-des-sanctions-disciplinaires-contre-les-policiers_1806542 et https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/24/affaire-theo-la-demonstration-implacable-d-une-lourde-serie-de-manquements-policiers_6060879_3224.html
[3] https://www.lyonmag.com/article/111635/gilets-jaunes-blessee-par-un-tir-de-lbd-a-lyon-800-euros-d-8217-indemnisation-pour-la-plaignante
[4] https://loopsider.com/fr/video/lagression-de-michel-lintegralite-des-images
[5] https://www.huffingtonpost.fr/entry/photographe-syrien-blesse-a-paris-parquet-de-paris-ouvre_fr_5fc54ff3c5b63d1b770ea1fe
[6] https://www.mediapart.fr/journal/france/291120/la-prefecture-de-police-de-paris-menti-pour-couvrir-les-tirs-d-un-policier-sur-des-jeunes-innocents
[7] https://disclose.ngo/fr/article/mort-de-zineb-redouane-les-preuves-dune-bavure
[8] Note d’observation de la LDH sur la manifestation parisienne du 5 décembre 2020 https://www.ldh-france.org/wp-content/uploads/2019/04/Note-dobservation-5-decembre-2020-Manifestation-contre-la-PPL-Se%CC%81curite%CC%81-globale.pdf
[9] Enquête de Médiapart sur la manifestation parisienne du 12 décembre 2020 https://www.youtube.com/watch?v=LgG0cEaUAAw
[10] https://www.ldh-france.org/nouvelles-entraves-au-droit-de-manifester-on-connait-la-musique/
[11] à 3min40 s de la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=xs0fui6za_8&feature=youtu.be
[12] https://www.facebook.com/cerveauxnondisponibles/photos/a.1317000815065467/3635292956569563
[13] https://www.facebook.com/cerveauxnondisponibles/videos/1564996747022577/
[14] https://www.mediapart.fr/journal/france/170121/dans-le-nord-la-justice-enquete-sur-un-tir-de-lbd-contre-un-promeneur#at_medium=custom7&at_campaign=1046
[15] Livre blanc de la sécurité intérieure, p. 6.  et p. 152-153. https://www.interieur.gouv.fr/fr/content/download/125071/1001195/file/livre-blanc-de-la-securite-interieure.pdf
[16] Selon Bastamag, les armes non-létales seraient à l’origine de 14 décès entre 1977 et 2020, dont 13 au cours des 10 dernières années https://bastamag.net/webdocs/police/?fbclid=IwAR0W-jOLDq4se7prAXh2ct4M7HIfXm-6FVpBRiG_9hQzRnyxntElMIp0CW4
[17] Informations à suivre sur https://stoploisecuriteglobale.fr/ et sur les pages des collectifs locaux.
[18] https://www.facebook.com/StopArmesMutilantes.org/photos/pb.102324811245428.-2207520000../240095840801657
[19] https://www.stoparmesmutilantes.org/wp-content/uploads/2020/11/AfficheStArMutblesse_es.pdf
[20] https://www.stoparmesmutilantes.org/tribune/

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Communiqué du 15 novembre 2020 : Plus que jamais l’action de la police doit rester visible et documentée !

La documentation et la mise en lumière des actions policières sont vitales à toute société qui se veut démocratique. En France, ce sont les images de violences policières qui ont permis de dénoncer l’usage massif et meurtrier des armes policières mutilantes (LBD, grenades, armes dites aussi sublétales). Les nombreux dégâts physiques comme psychologiques provoqués par ces armes et la peur qu’inspirent les violences policières qui en découlent, constituent un frein à notre exercice du droit fondamental à circuler et à manifester.

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Alors que le gouvernement se déclare en guerre pour défendre la liberté d’expression, il poursuit, dans le même temps son coup de force législatif conduisant à une restriction croissante des libertés. La proposition de loi dite “de sécurité globale” déposée par des députés de la majorité [1] a fait l’objet, dès le 26 octobre dernier, d’une procédure accélérée en vue de son adoption. Il est examiné en séance publique de l’Assemblée Nationale à partir du 17 novembre prochain.
Au cœur d’une crise sanitaire sans précédent, alors même que nos libertés sont entravées par des mesures de confinement à l’initiative du gouvernement, le caractère urgent et opportun de cette procédure interroge. C’est l’opinion partagée par de nombreuses organisations dont La Ligue des Droits de l’Homme qui dénonce une lourde atteinte aux libertés et droits fondamentaux et alerte sur l’effet que produit la procédure accélérée : une véritable éviction du rôle législatif des parlementaires.[2] La défenseure des droits Claire Hédon – chargée officiellement de défendre droits et libertés et veillant à la déontologie des forces de sécurité – a rendu rapidement un avis alarmant sur le risque d’atteinte aux droits fondamentaux, notamment en matière de respect de la vie privée, de contrôle démocratique des forces de sécurité et d’égalité devant la loi.[3] Cette proposition de loi comprend en effet de nombreuses dispositions liberticides, notamment dans ses articles 21, 22 et 24.
L’article 24 de cette proposition de loi est particulièrement révélateur de ces dérives liberticides. Il complèterait la loi sur la liberté de la presse (sic !) et condamnerait de façon complètement disproportionnée (1 an de prison et 45000 € d’amende) « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un agent de la police nationale ou de la gendarmerie nationale autre que son numéro d’identification individuel lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. »
Le contrôle et la discussion autour des actions policières seraient alors fortement restreints car passibles de sanctions pénales. A l’inverse le contrôle des populations par la police en sortirait renforcé, sans contre-pouvoir efficace (presse indépendante, réseaux sociaux etc…). Le soi-disant garde fou introduit par la proposition « dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique » n’apporte aucune garantie en ce sens. En effet, déterminer le but de la diffusion d’images semble extrêmement subjectif, notamment au moment où ces images sont prises. Il ne résiste pas non plus à l’épreuve du réel où les possibilités de filmer les actions policières sont déjà couramment limitées voire réprimées (destruction de matériel et de films, interpellations). La défenseure des droits montre par ailleurs que cet article entrerait en contradiction avec d’autres dispositions législatives existantes et relatives aux libertés d’information et d’expression.[3]
Avec cet article, le gouvernement répond aux demandes de plusieurs syndicats de police de ne plus être identifiables mais surtout cherche à bloquer tout débat public sur les violences policières : pas d’images, pas de violence. Maîtresse des images (articles 21 et 22), la hiérarchie policière pourra en toute impunité et sans pouvoir être contredite contrôler le récit : les blessés, les mutilés seront tous « des archi-violents qui l’ont bien cherché » et les responsables n’auront malheureusement pas été dans le cadre quand il faudra néanmoins fournir des explications… Mais dans le même temps, le gouvernement et ces syndicats de police font donc un aveu : tout ce que font les “forces de l’ordre” n’est pas montrable, et il faut donc censurer la liberté d’expression et d’information, pour contrôler l’image de la police (communication officielle des préfectures, journalistes accrédités). Cette censure est dénoncée par de nombreux journalistes.[4]
En muselant ainsi la documentation de l’action des forces policières, le gouvernement continuerait donc de s’engager dans une voie qui place la police systématiquement au-dessus du contrôle démocratique citoyen. Ceci ne peut que favoriser les abus, qui sont déjà incroyablement élevés dans un pays qui se prétend démocratique, comme l’ont justement révélé ces vidéos que l’on veut interdire…
Comme pour les autres violences policières, c’est la mise en lumière par les images de l’usage des armes mutilantes qui a permis de mettre en question l’utilisation-même de ces armes, et de créer le débat public, débat nécessaire et garant de la santé démocratique.
Dans la logique de son engagement pour l’interdiction de ces armes policières mutilantes, notre campagne s’oppose donc fermement à un texte aussi dangereux et participera aux actions et collectifs qui le dénoncent.[5] Nous invitons toute personne à appuyer les initiatives en ce sens (une pétition a ainsi été lancée sur le sujet).[6]

Campagne pour l’interdiction des armes policières mutilantes – StopArmesMutilantes.org
15 novembre 2020 – contact@stoparmesmutilantes.org

[1] http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3452_proposition-loi#
[2] https://www.ldh-france.org/lobsession-securitaire/
[3] https://juridique.defenseurdesdroits.fr/doc_num.php?explnum_id=20175
[4] https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/11/05/loi-securite-globale-un-outil-pour-permettreaux-forces-de-l-ordre-de-cacher-leurs-derapages_6058574_1653578.html
[5] https://www.laquadrature.net/2020/11/12/55-organisations-contre-la-securite-globale/
[6] https://www.change.org/p/g%C3%A9rald-darmanin-nous-disons-non-%C3%A0-la-loi-s%C3%A9curitaire-quipunit-la-diffusion-des-visages-des-forces-de-l-ordre

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Communiqué du 11 septembre 2020 : L’interdiction des armes policières mutilantes plus que jamais nécessaire

En novembre 2019, nous lancions la campagne pour l’interdiction des armes policières mutilantes notamment par le biais d’une tribune signée par de nombreux collectifs, associations, organisations politiques et citoyennes [1]. En cette rentrée 2020, nous ne pouvons que constater l’ampleur des violences policières en France et dans le monde ; leur impact dans la société française en a fait un des thèmes majeurs du premier semestre 2020. Les armes mutilantes (lanceurs de balles de défense, grenades de désencerclement et grenades assourdissantes lacrymogènes) participent de cette escalade et, plus que jamais, doivent être interdites.

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Des violences policières renouvelées

Les différents mouvements sociaux de 2020 (gilets jaunes, manifestations pour la défense des retraites, mouvement des personnels de santé, des pompiers, etc.) ont tous été confrontés aux comportements violents des forces policières. Des scènes insupportables et emblématiques de ces violences ont de nouveau été filmées et resteront gravées dans les mémoires : manifestant victime d’un tir de LBD à bout portant [2], pompier visé à la tête [3] ou encore infirmière tirée par les cheveux [4].

Dans d’autres circonstances, l’interpellation meurtrière de Cédric Chouviat a rendu visible l’insupportable. La technique de plaquage ventral appliquée pour un simple contrôle routier a provoqué la mort par asphyxie de l’interpelé qui exprimait clairement
son étouffement [5]. L’idée même de mourir de la sorte fait froid dans le dos à tout le monde, pourtant c’est loin d’être un cas isolé.

Pendant et juste après le confinement, alors qu’il est question de santé et de sauvegarde de vies humaines, les populations les plus démunies ont subi diverses formes de violences policières : des migrant-e-s délogé-e-s brutalement [6] à une fillette de 5 ans tombée dans le coma suite à des tirs de LBD à Chanteloup-les-Vignes [7]. Le bilan des morts est effrayant, avec plus de 10 décès suite à des actions policières [8],
dont Mohamed Gabsi à Béziers, mort, lui aussi, asphyxié [9]. Dans les banlieues et les quartiers populaires sous restrictions sanitaires, la violence policière n’a jamais cessé. La sortie du film “Les misérables” avant le confinement est venue témoigner à point nommé de l’enracinement dans les corps policiers (dont la BAC) de ces rapports brutaux où les armes mutilantes jouent un rôle déterminant.

Des réactions asymétriques

Une part grandissante de la population française est scandalisée et s’est mobilisée contre ces violences. Aux Etats-Unis, le meurtre de George Floyd par asphyxie, et plus récemment les 7 balles dans le dos reçues par Jacob Blake, sont des preuves de plus de la violence et de la brutalité de la police vis-à-vis de la communauté afro-américaine. Cela a relancé les mouvements réclamant justice pour les victimes de violences policières et ceux contre le racisme. En France, de grandes manifestations ont eu lieu en région parisienne et dans de nombreuses villes, faisant le lien avec les victimes de la police française. Ces mouvements attirent une jeunesse qui rejette de plus en plus une société injuste et répressive.

En parallèle, les plaintes et les recours entamés par les victimes de violences policières ou leurs proches s’accumulent mais n’aboutissent que très rarement à des décisions jugées acceptables par les plaignant-e-s [10].

A rebours des réactions scandalisées de la population, de trop nombreux responsables politiques continuent de justifier les actions policières soit ouvertement, soit implicitement, sans aucun regret, aucune considération pour les victimes. Le soutien inébranlable aux forces policières, dont les dérives politiques et racistes ont pourtant été révélées au grand public [11], semble passer avant toute autre considération. Une stratégie qui en dit long sur la façon de gouverner. Nous avons ainsi été témoins : d’un président qui arbore cyniquement un t-shirt dénonçant les éborgnements au festival de BD d’Angoulème [12], d’un ex-ministre de l’intérieur qui communique sur le remplacement d’une grenade par une autre [13], et d’un nouveau ministre de l’intérieur qui se met à parler d’”ensauvagement” des populations [14] et qui ose dire qu’il “s’étouffe en entendant parler de violences policières” après les meurtres par étouffement de Cédric Chouviat et George Floyd [15]. A ce stade, même l’indigne est dépassé.

Les armes mutilantes toujours en question

Les armes mutilantes dites “non-létales”, dont les balles de “défense” et les différentes grenades, sont présentées par les gouvernements comme des armes qui permettent d’éviter l’emploi d’armes plus meurtrières. Cependant, elles contribuent de plus en plus au renforcement des violences policières et en augmentent le niveau [16]. Leur emploi massif depuis une dizaine d’années est devenu un élément central du contrôle des populations.

L’état français est devenu de fait un champion européen (et au-delà) dans l’utilisation de ces armes. Fortes de leur carnet de commandes publiques, les entreprises françaises se positionnent également à l’international. Les manifestations libanaises suite aux explosions à Beyrouth, ont ainsi été réprimées grâce aux armes produites par la société Alsetex [17]. D’autres entreprises françaises ont aussi livré des armes policières : en Tunisie, en République Démocratique Du Congo, au Kenya, au Bahreïn, … livraisons parfois assorties de formations à leur usage assurées par des gendarmes ou des CRS [18]!

Ces armes massivement utilisées en France sont mortifères. La documentation en la matière devient pléthorique [19]. Leur emploi massif est de plus en plus dénoncé parmi les organisations syndicales, politiques, les associations, les institutions, les médias, les
documentaires [20] mais aussi les fictions (“Dernière sommation” roman de David Dufresnes, “Les misérables” film de Ladj Ly). Après deux années de recrudescence des mutilations, notamment dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes, leur emploi blesse encore à vie, des victimes parfois très jeunes. Qui peut réparer cela ? Qui peut le justifier ?

Les dégâts des armes policières mutilantes interviennent à plusieurs niveaux. Aux mutilations et aux morts, il faut rajouter les nombreux dommages psychologiques qu’elles engendrent. Elles sont un moyen d’intimidation des populations et par là de restriction des droits (à manifester, à circuler) alors que le gouvernement poursuit sa politique de casse sociale. L’usage de ces armes favorise intrinsèquement la violence accrue des forces policières à laquelle nous assistons ces dernières années. Le sentiment de toute puissance que confèrent le fait de tirer sur des personnes et l’impunité assurée a priori aux policiers, favorise un usage accru de la force par ces derniers et la multiplication de scènes de violences policières [21]. Enfin, ces armes,
associées à l’ensemble de la panoplie policière actuelle, contribuent à la militarisation de la société et à une escalade dans les logiques d’affrontement lors des conflits sociaux.

Alors oui, plus que jamais, il faut combattre l’utilisation de ces armes en obtenant leur interdiction, pour défendre nos droits, pour éviter de nouvelles mutilations et de nouvelles morts.

Montpellier, le 11 septembre 2020

Contact : contact@stoparmesmutilantes.org

Références et liens :

[1] https://www.stoparmesmutilantes.org/tribune/ (les signatures
collectives et individuelles sont toujours possibles).
[2]
https://www.lemonde.fr/police-justice/video/2020/01/10/video-le-tir-de-lbd-a-bout-portant-d-un-policier-pendant-la-manifestation-du-9-janvier-a-paris_6025477_1653578.html
[3] https://twitter.com/BriceIvanovic/status/1222179174196174848
[4] https://twitter.com/remybuisine/status/1272935058630983681
[5]
https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/22/je-m-etouffe-les-derniers-mots-de-cedric-chouviat-a-la-suite-d-un-controle-policier_6043772_3224.html
[6] Voir par exemple :
https://blogs.mediapart.fr/accueil-de-merde/blog/230320/le-journal-de-confinement-des-exile-e-s-du-nord-est-de-paris-par-romane-elineau
[7]
https://desarmons.net/2020/04/07/la-police-tire-au-lbd-sur-une-fillette-de-5-ans-dans-les-yvelines/
[8]
https://blogs.mediapart.fr/revendications-dune-pandemie/blog/010620/en-france-aussi-la-police-tue-12-morts-pendant-le-confinement
[9]
https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/confinement-un-homme-decede-a-son-arrivee-au-commissariat-de-beziers-1586430015
Collectif Justice pour Mohamed :
https://www.facebook.com/JusticePourMohamedGabsi/
[10] Voir par exemple :
https://www.bastamag.net/violences-policieres-suivi-decisions-de-justice-methodologie-sources
https://www.lemediatv.fr/articles/reportages/a-bayonne-maigre-peine-pour-un-visage-defigure-au-lbd-b12V7nK9Qr-6gHem03qjDg
[11] Voir par exemple :
https://www.liberation.fr/checknews/2018/04/24/quelle-est-la-proportion-de-policiers-votant-a-gauche-en-france-et-de-militaires_1653591
https://www.nantes-revoltee.com/horreur-policiere-un-bicot-ca-nage-pas/
et Valentin Gendrot, “Flic. Un journaliste a infiltré la police”, Goutte
d’Or (2020).
[12]
https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/30/emmanuel-macron-a-t-il-vraiment-pose-avec-un-t-shirt-lbd2020-a-angouleme_1776253
[13] Voir par exemple :
https://www.lamuledupape.com/2020/01/30/le-neurochirurgien-laurent-thines-alerte-sur-la-dangerosite-des-nouvelles-grenades-gm2l/
[14]
https://www.lefigaro.fr/politique/gerald-darmanin-il-faut-stopper-l-ensauvagement-d-une-partie-de-la-societe-20200724
[15]
https://www.lci.fr/politique/gerald-darmanin-s-etouffe-a-l-evocation-de-violences-policieres-il-n-y-avait-aucune-arriere-pensee-se-defend-son-entourage-2160441.html
https://www.dailymotion.com/video/x7vu210
[16] Paul Rocher, “Gazer, mutiler, soumettre. Politique de l’arme non
létale”, La Fabrique (2020).
[17]
https://www.liberation.fr/checknews/2020/08/10/les-grenades-lacrymogenes-utilisees-contre-les-manifestants-a-beyrouth-sont-elles-fabriquees-en-fran_1796454
[18] Paul Rocher, op. cit.
[19] Voir par exemple dans :
https://www.stoparmesmutilantes.org/ressources/
[20] “A nos corps défendants” de Ian B
https://www.youtube.com/watch?v=zrHcc_rPacE ; “317, le documentaire”
https://www.youtube.com/watch?time_continue=1972&v=GfJE7EpKHUs, …
[21] https://twitter.com/CerveauxNon/status/1299725133263835137

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Communiqué de presse du 1er mars 2020 : Interdiction de toutes les armes policières mutilantes

Nous avons récemment appris l’éborgnement d’un jeune de 19 ans habitant la ville de Brunoy en banlieue parisienne. Samedi 22 février, un agent de la BAC l’a mutilé à vie avec un tir de LBD à quelques mètres. Nous ne pouvons pas nous résigner à cela.

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Après une année 2019 des plus meurtrières et mutilantes, les violences policières ont refait irruption sur le terrain médiatique en ce début d’année 2020 : homicide de Cédric Chouviat lors d’un contrôle policier, charges sauvages sur des manifestants, tir de LBD à bout portant, … Elles sont devenues une évidence pour toutes et tous, entraînant une méfiance accrue envers la police. Les images et les vidéos, les témoignages, les enquêtes, les reconstructions de scènes, les avis du Défenseur des droits et d’instances spécialisées dans les droits de l’homme, tout cela montre un usage de la force et des armes inacceptable.  Face à cela, la réponse de l’exécutif – responsable de ces violences quand il n’en est pas l’ordonnateur direct – est pathétique et hallucinante.

Le Président est dans un déni persistant (il ne faut pas parler de violences policières) tout en attendant « la plus grande déontologie » des policiers. Les drames humains directement liés aux armes mutilantes policières ne cessent de croître sous sa mandature. Et il pose tout sourire au festival de la BD d’Angoulême, tenant dans ses mains un tee-shirt du dessinateur Jul dénonçant les éborgnements ! Tout cela est symptomatique d’un manque total d’empathie et d’humanité vis-à-vis des victimes et de leurs proches et d’un mépris envers celles et ceux qui s’alarment sur l’usage de ces armes  et en dénoncent l’usage illégal et illégitime.

Le ministre de l’intérieur ne fait pas mieux. Il a œuvré pour que la France reste championne incontestée de l’Union Européenne (et au-delà) par son utilisation massive d’armes mutilantes et par les blessures, mutilations et morts qu’elles engendrent. Quand le remplacement d’une des grenades explosives meurtrières (GLI-F4) est programmé par une autre grenade explosive (GM2L, considérée par lui-même comme tout aussi dangereuse), il maquille cela comme une mesure humaniste eu égard à la dangerosité des GLI-F4. Ce faisant, il avoue enfin la dangerosité des armes policières. En toute logique, le ministre devrait maintenant interdire toutes les autres armes mutilantes, démissionner pour incompétence et rendre des comptes à la justice pour avoir encouragé l’usage de ces armes pendant trop longtemps.

En effet, cette polémique sur la GLI-F4 ne doit pas faire oublier que d’autres armes policières – dont les grenades de désencerclement et les lanceurs de balles de défense (LBD) – sont régulièrement et massivement employées occasionnant blessures, mutilations (yeux, boîtes crâniennes, parties génitales, etc.) et morts chez des manifestants ou non. En plus de ces drames humains, l’usage de ces armes génère de fait une pression psychologique chez les citoyennes et citoyens qui souhaitent circuler et manifester librement en France, limitant ainsi nos droits démocratiques les plus élémentaires. Aussi, pour défendre nos droits les plus fondamentaux et nos vies, nous exigeons l’interdiction immédiate des armes policières mutilantes.

Nous soutenons toutes les initiatives allant dans ce sens et, notamment, la marche des familles du 14 mars à Paris lors de la journée internationale contre les violences policières. Cette manifestation à l’initiative de familles de victimes est soutenue par un spectre large de collectifs, de personnalités et d’organisations. Elle fait suite à l’appel « Laissez-nous respirer » contre l’impunité des violences policières, pour l’interdiction des techniques d’immobilisation mortelles et des armes de guerre en maintien de l’ordre. Nous serons présents en soutien à Montpellier lors des manifestations prévues le même jour.

Montpellier, le 1er mars 2020
Campagne pour l’interdiction des armes policières mutilantes https://stoparmesmutilantes.org/

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Publication de la Tribune dans La Marseillaise le 13 décembre 2019 : Interdisons les armes policières mutilantes !

Une vie, un œil, un pied, une main, … Les nombreux dégâts humains – physiques et psychologiques – causés par les armes policières mutilantes en France sont inacceptables. Il faut les interdire d’urgence. Il en va du respect des personnes et de leurs droits les plus élémentaires.

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Après les banlieues, les supporters sportifs, les ZAD, la COP 21, les manifestations contre la «Loi Travail», la répression du mouvement des Gilets Jaunes a démontré une nouvelle fois, et de manière plus intense encore, le caractère mutilant et potentiellement homicide des armes policières utilisées contre la population sur ordre du gouvernement.

Parmi ces armes policières, on trouve les lanceurs de balles de défense (dont le LBD40), les grenades de désencerclement (“Dispositifs Manuels de Protection DMP” ou “Dispositifs Balistiques de Dispersion DBD”) et les grenades assourdissantes lacrymogènes (dont la GLI-F4). Cet arsenal fourni aux forces policières françaises est sans équivalent en Europe [1]. La dangerosité de ces armes est reconnue, certaines étant classifiées comme « armes de guerre » [2], d’autres étant interdites par la Convention de Genève. En décembre 2017, le Défenseur des droits recommandait l’interdiction de l’usage du LBD en raison de sa dangerosité. En janvier 2019, il demandait sa suspension. Or, à ce jour, cette arme est toujours utilisée.

Le résultat de cette violence d’Etat est catastrophique. Les dégâts humains causés par ces armes sont incontestables : éborgnements, mutilations, traumatismes maxillaires et crâniens, décès. Ils n’ont rien de proportionné avec les actions que les forces de police prétendent vouloir arrêter. Une publication scientifique [3] a recensé 43 personnes gravement blessées à l’œil ces dernières années (dont 40 entre 2018 et 2019). Parmi ces victimes, 25 souffrent d’une fracture orbitale, 12 d’une fracture de la face et 2 d’entre elles de dommages au cerveau. Depuis 20 ans, il y a eu plus de 60 énucléations [4]. Pour le seul mouvement des Gilets Jaunes, 24 manifestant-e-s ont perdu un œil selon le décompte du journaliste David Dufresne entre novembre 2018 et juin 2019 [5]. A cela s’ajoutent 315 blessures à la tête, 18 à la main, dont plusieurs arrachements, 28 au dos, 75 aux membres supérieurs, 131 aux membres inférieurs, 4 aux parties génitales… mutilations que le site « Le mur jaune » a de son côté contribué à rendre visibles [6]. Ces décomptes, qui restent incomplets, sont à mettre en relation avec le nombre astronomique de tirs reconnus par le Ministère de l’Intérieur au 29 août 2019 pour le seul mouvement des Gilets Jaunes : 19 071 tirs de LBD, 1 428 tirs de GLI-F4, 5 420 tirs de grenades de désencerclement[7].

Un sentiment d’impunité s’est installé. En mars 2019, le Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme a appelé l’Etat français à réaliser une enquête approfondie sur tous les cas signalés de recours excessif à la force lors des manifestations. En octobre 2019, l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) continuait imperturbablement à classer sans suite la quasi totalité des affaires. Elle emploie dans ses rapports des arguments aussi surréalistes que « l’impossibilité d’identifier le policier qui a tiré » malgré les nombreux enregistrements vidéo facilement accessibles sur internet. Le gouvernement cautionne de fait les violences policières en niant le droit de «parler de violences policières», en décorant des policiers impliqués dans des blessures ou des décès, et en laissant de trop nombreux membres des forces de police agir et utiliser leurs armes sans retenue et en dehors des procédures réglementaires. L’intimidation et la répression des opposant-e-s mais aussi des observateurs et observatrices, des secouristes bénévoles, des journalistes se multiplient. L’usage de matériel de protection a été rendu illégal. Ce matériel, pourtant indispensable face aux armes policières employées, fait l’objet de confiscations récurrentes et peut conduire leurs détenteurs et détentrices en prison.

Enfin, le traitement médiatique réservé aux victimes influence l’opinion publique au point de rendre légitime aux yeux de beaucoup la mutilation d’êtres humains. C’est ainsi qu’un syndicaliste policier, devant l’image d’un jeune manifestant dont la main vient d’être emportée par une grenade, s’est autorisé à dire « bien fait pour sa gueule» à une heure de grande écoute sur CNews.

Les quartiers populaires et les abords des stades ont été confrontés les premiers à la violence des armes mutilantes. L’utilisation systématique de l’arsenal actuel (LBD40, grenades DMP, DBD et GLI-F4) contre tout mouvement populaire ou social renforce ce climat d’insécurité et de violences policières, qui plus est quand il est combiné à d’autres modes d’intervention (nasses, matraquages). Ces armes mettent gravement en danger l’intégrité physique des personnes et touchent toute la population : un grand nombre de manifestant-e-s, de simples passant-e-s ne participant pas aux manifestations ont été gravement blessé-e-s à la tête, des familles avec enfants ont été prises dans des nuages de gaz lacrymogènes, et une vieille dame, Zineb Redouane, a été tuée par une grenade lacrymogène, chez elle, à Marseille… Ce niveau accru de répression et de violence dans les interventions policières se manifeste et tue jusque dans les événements festifs, comme en témoigne la mort de Steve Maia Caniço lors de la dernière Fête de la musique à Nantes.

Ce climat de violence inacceptable est entretenu pour faire peur. Nombreuses sont les personnes qui hésitent désormais à descendre dans la rue pour exprimer collectivement leurs opinions. C’est une limitation de fait de nos droits, notamment celui, constitutionnel, de manifester. Et c’est un moyen pour le gouvernement d’imposer par la force des politiques contestées. Les cas recensés ne permettent plus au discours officiel de sous-évaluer ce qui, de toute évidence, est un recul des libertés publiques.

Cet état de fait est inacceptable dans un Etat de droit. Le niveau de violences policières dans un pays comme la France commence à servir d’alibi partout où les mouvements populaires sont réprimés, que ce soit en Catalogne, à Hong Kong, en Russie ou au Chili…

Afin que cessent les mutilations, il ne convient plus de discuter d’une nouvelle doctrine d’emploi de ces armes maisd’eninterdire strictement l’usage, que ce soit lors des manifestations, dans les quartiers ou autour des stades. Et c’est dans la loi que doit s’inscrire cette interdiction.

La campagne que nous lançons aujourd’hui vise à obtenir cette interdiction en s’appuyant sur les initiatives déjà existantes et en fédérant largement les citoyen-ne-s, collectifs, associations et organisations.

A Montpellier, le 18 novembre 2019.

[1] Voir par exemple le tableau comparatif réalisé par l’ACAT en 2017. https://www.acatfrance.fr/public/tableau-comparatif-armes.pdf

[2] Décret n°95-589 du 6 mai 1995 fixant le régime des matériels de guerre, armes et munitions. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000005618597

[3] Lancet, 2 novembre 2019, p. 1616-1617. https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)31807-0/fulltext

[4] Voir : https://desarmons.net/index.php/2019/02/10/1999-2019-en-20-ans-letat-francais-a-rendu-borgne-au-moins-60-personnes/

[5] Fil tweeter Allo@Place_Beauvau de David Dufresne dans http://www.davduf.net/alloplacebeauvau

[6] Le Mur Jaune sur http://lemurjaune.fr/

[7] Streetpress. https://www.streetpress.com/sujet/1572862226-streetpress-documente-repression-mouvement-gilets-jaunes-justice-police

Initiée par un collectif montpelliérain, cette campagne est soutenue aujourd’hui par :

Signataires

Collectifs / associations

ANV COP 21 Montpellier – Arrêt Du Nucléaire 34 – Assemblée des blessés – Attac Montpellier – Campagne BDS France Montpellier – La Carmagnole – Collectif Migrant-e-s Bienvenue 34 – Convergence 34 – Désobéissant.e.s 34 – Déso34GJ – Extinction Rebellion Montpellier – Fédération unie de l’Hérault de la Libre Pensée – FUIQP34 (Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires) – Gilets Jaunes Rond Point Près d’Arène Montpellier – Greenpeace Montpellier – I boycott Montpellier – LDH 34 – Mouvement pour le Désarmement la Paix et la Liberté – Mouvement pour une Alternative Non violente Montpellier – Nouveau Monde 34

Organisations syndicales

CNT 34 ESS – SNTRS CGT Languedoc Roussillon – CGT des Territoriaux du Bassin de Thau – Confédération paysanne de l’Aude – SNESup Université de Montpellier FSU 34 – Snuipp FSU 34 – Union syndicale Solidaires 34 (et les syndicats : Solidaires CCRF&SCL 34 – Sud Chimie Sanofi – Sud Conseil Régional Occitanie – Sud Collectivités Territoriales 34 – Sud éducation Hérault – Sud Recherche EPST – Sud Santé Sociaux 34)

Organisations politiques

EELV Languedoc Roussillon – Ensemble ! 34 – NPA 34 – Parti Communiste Français (Fédération de l’Hérault et section Montpellier) – Parti de Gauche 34 – UCL Montpellier

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