Les armes mutilantes

Brève présentation des armes policières mutilantes visées par cette campagne


Source : Collectif Désarmons-les ! https://desarmons.net/

Voir également le descriptif de l’ACAT
https://www.acatfrance.fr/public/carteid-armes.pdf


La grenade lacrymogène assourdissante GM2L

Christophe Castaner a annoncé le 26 janvier 2020 le remplacement de la grenade lacrymogène assourdissante et explosive Gli-F4. Pas de surprise dans cette annonce puisque cette grenade n’est plus fabriquée par la société française Alsetex depuis 2014 et que l’Etat en prévoyait déjà l’arrêt de l’utilisation après écoulement des stocks.

Sa remplaçante est la grenade lacrymogène assourdissante GM2L, également fabriquée par Alsetex. Cette munition de 56 mm est présentée comme étant à double effets instantanés assourdissant (160 décibels à 5 mètres) et lacrymogène.

La TNT, contenue dans la Gli-F4 et qui avait été mise en cause dans la mort d’une employée de Alsetex en juin 2014 (https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/explosion-alsetex-des-salaries-brisent-le-silence-2672085), y est remplacée par une « composition pyrotechnique » dont Alsetex dit qu’elle ne provoque «aucun éclat lors de son fonctionnement» (cf fiche technique du fabricant https://lessor.org/wp-ontent/uploads/2018/05/da70f15f.gm2l_fr.pdf). Pour autant ni le fabriquant ni le ministère de l’intérieur ne mentionne la nature réelle de ce composé pyrotechnique. Plusieurs hypothèses circulent. L’absence d’explosif a été contestée sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes affirmant que la GM2L contenait de l’hexocire, un mélange de cire et de RDX, un puissant explosif (https://www.nantes-revoltee.com/la-nouvelle-grenade-explosive/). Des blessures dues à ces grenades ont été rapportées, notamment lors de la manifestation des pompiers le 28 janvier dernier. Par ailleurs Alsetex dans sa notice sur la Gli-F4 disait aussi de celle-ci qu’elle n’émettait aucun éclat lors de la détonation [https://paris-luttes.info/IMG/pdf/glif4_fr.pdf] et l’on sait désormais ce qu’il en était.

Le ministère de l’intérieur reconnaît lui-même dans son mémoire en défense devant le Conseil d’État en mai 2019 : « Le choix de la grenade GM2L, dont la puissance (et donc la dangerosité pour quiconque voudrait ramasser un tel projectile) est quasiment similaire à celle des GLI F4 malgré l’absence d’explosif… ».

A propos de la GM2L, le général Bertrand Cavallier, ancien commandant du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne) déclarait en septembre 2018 : « Dès lors qu’une munition produit une forte intensité sonore, celle-ci est associée à un phénomène de souffle, c’est à dire de compression de l’air. Il en ressort des risques de lésions auditives pour ceux qui sont à proximité immédiate de la munition lors de sa détonation/déflagration. Par ailleurs, toute composition pyrotechnique peut causer des lésions cutanées, musculaires, osseuses… Il en de même pour cette nouvelle grenade. » <https://lessor.org/a-la-une/evolution-des-grenades-en-dotation-en-gendarmerie-le-general-2s-cavallier-livre-ses-reflexions/>

Des articles sur les GM2L sont consultables dans la revue de presse


Le Lanceur de Balles de Défense de 40 mm (GL‐06 /LBD 40L)

Après les émeutes de 2005 (Clichy sous Bois) et 2007 (Villiers le Bel) , les unités de police se plaignent du manque d’efficacité de leur équipement et du fait que le Flashball, imprécis et peu puissant, ne serait pas adapté à des

opérations de maintien de l’ordre. Le ministère de l’intérieur français se fournit alors en nouvelles armes auprès du fabricant suisse, Brüger et Thomet : le Lanceur de Balles de Défense de 40 mm (LBD 40 ou GL06-NL).

Cette arme de la légitime défense est censée être utilisée « en cas de violences ou voies de fait commises à l’encontre des forces de l’ordre ou si les forces de l’ordre ne peuvent défendre autrement le terrain qu’elles occupent ». Mais cette définition reste assez large et relativement floue.

Le Lanceur de balles de défense de 40 mm tire dans un premier temps des balles de plastique semi-rigides produites par l’entreprise nord-américaine Combined Tactical Systems (CTS) , qui vont être remplacées à partir de 2015 par les munitions de défense à courte portée de 40 mm (MDCP) produites par l’entreprise française SAE Alsetex.

Des articles sur les LBD sont consultables dans la revue de presse


Les grenades à main de désencerclement
DBD / DMP 95

Les grenades à main de désencerclement sont distribuées aux forces de l’ordre à partir de 2004. Appelées aussi “Dispositifs Manuels de Protection” (DMP) ou Dispositifs Balistiques de Dispersion (DBD) , elles sont comme le LBD censées être des armes de défense qui, comme leur nom l’indique, doivent être utilisées par les policiers pour se dégager lorsqu’ils sont encerclés.

C’est la raison pour laquelle les précautions d’emploi prévoient de l’utiliser en la faisant rouler sur le sol et proscrivent tout lancer par dessus l’épaule. Une étiquette apposée sur chaque grenade est là pour rappeler les policiers à cette règle.

Les GMD projettent 18 plots de caoutchouc de 10 grammes sur un rayon de 30 mètres, avec une force de 80 joules et à une distance de 45 mètres du lanceur. Chaque plot est projeté avec une vitesse initiale de 472 kilomètres par heure.