Face aux images de violences policières, le pouvoir se contente d’ajuster sa com’ | Mediapart

L’exécutif a haussé le ton contre les forces de l’ordre après la diffusion d’une image montrant un policier faisant un croche-pied. Mais dans le fond, rien n’a changé. Le pouvoir continue de nier le caractère systémique des violences policières.

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The violence of the French police is not new, but more people are seeing it now / The Guardian

Par Mathieu Rigouste, le 13 février 2020

Since the appearance of the gilets jaunes (yellow vests) movement in December 2018, and with the recent demonstrations and strikes against pension reform, the question of police violence in France has entered the mainstream.

And the stream of shocking social media videos continues: at an anti-pension reform demonstration in Lyon this year, a police officer fired a teargas grenade at students filming the crowd from the balcony of their apartment. Another one fired a “flash-ball” at a demonstrator at point-blank range. At a gathering in the centre of Paris, police appeared to throttle Cédric Chouviat, a 42-year-old motorcycle courier, who later died with a broken larynx. These images – of the police beating vulnerable people, blinding others or blowing off their hands – have forced the authorities to admit that police violence actually exists. Lire la suite

Blessures invisibles, les impensées de la répression / Le Média

Par Elsa Gambin, Léo Tixador et Nicolas Mayart, le 12 février 2020

D’innombrables arrestations, des milliers de blessés, et des centaines de personnes traumatisées parmi les manifestants : la violence de la répression policière affecte les corps et les esprits. Ceux qui ne sont pas atteints dans leur chair souffrent aussi, tétanisés par la peur, et voient leur existence bouleversée par les cauchemars ou la paranoïa.

« La peur, quand on la perçoit, c’est fini. C’est la boîte de Pandore », résume Valk, photographe à Nantes. Depuis environ 1 an, cette habituée des luttes, toujours prompte à sortir l’appareil photo, ne peut plus s’y rendre. Elle a d’abord ressenti la peur, lancinante, encore un peu floue, « à la façon que j’avais de me harnacher ». Une seconde fois, elle s’est rappelée à elle de manière frontale. Une panique au milieu d’un épais brouillard de gaz lacrymogènes, l’impossibilité de bouger. « J’étais tétanisée. Un militant, habillé tout en noir, m’a mis la main sur l’épaule. Il m’a juste dit « ça va ? ». Ça m’a fait revenir à la réalité. Ce simple geste, précautionneux et aidant, m’a sortie de ma torpeur ». Lire la suite

D’un continent à l’autre, semer la peur en marquant les corps / L’Humanité

Par Rosa Moussaoui, le 31 janvier 2020

D’Alger à Santiago du Chili, de Paris à Beyrouth, les armes de répression se perfectionnent, les doctrines de maintien de l’ordre se transforment et le libéralisme autoritaire parie sur la mutilation.

D’un continent à l’autre, la même image, désarmante : des visages d’hommes et de femmes, l’œil couvert par une main, en solidarité avec des manifestants éborgnés par des balles en caoutchouc tirées à bout portant. Au Liban, la campagne a pris, à la fin du mois de janvier, un tour viral sur les réseaux sociaux, avec ce cri d’alarme : « Arrêtez de viser les yeux ! » Quelques semaines plus tôt, en Algérie, les protestataires défilaient avec un bandeau sur l’œil, pour dire leur indignation devant le sort des blessés, suite de l’article réservée aux abonnés

Maintien de l’ordre : des pistes pour rectifier le tir / L’Humanité

Par Lola Ruscio, le 31 janvier 2020

Interdiction des lanceurs de balles de défense, du plaquage ventral, mise en place d’un véritable contrôle du travail de la police… des voix s’élèvent pour exiger une meilleure gestion des manifestations. Décryptage.

La scène a fait le tour de Twitter. Le 27 janvier, juste avant le début du meeting parisien de Benjamin Griveaux au Théâtre Bobino, une femme harangue les soutiens du candidat LaREM à la Mairie de Paris. « Vous êtes des mutileurs ! Assassins ! », lance-t-elle, brandissant l’affiche d’une jeune fille qui a perdu un œil lors d’une manifestation de gilets jaunes. « Voilà comment la police de Macron traite son peuple ! » Ambiance de colère et de défiance. En un an et demi, le nombre de violences policières s’est envolé et la répression des manifestants est devenue l’un des symboles insupportables de ce quinquennat à la dérive. Depuis novembre  2018, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie plus de 330 fois, dont 218 à Paris ! Du jamais-vu. Coups de matraque, de poing, de pied, tirs illégaux de LBD et autres joujoux « non létaux »… les victimes se comptent en milliers. Lire la suite

La Commission consultative des Droits de l’Homme condamne les violences policières « illégitimes » / L’Obs

La CNCDH appelle les pouvoirs publics à engager sans tarder « une réflexion plus globale sur l’usage de la force publique ».

Mener d’urgence une réflexion globale sur l’usage de la force publique, particulièrement concernant les modalités du maintien de l’ordre : c’est ce que les pouvoirs publics doivent faire au plus vite selon la CNCDH (Commission nationale consultative des Droits de l’Homme). Rappelant les nombreux cas de violences policières survenues depuis fin 2018 et tout au long de l’année 2019, la CNCDH pointe aussi les nouveaux cas, en ce début 2020, « d’usage disproportionné de la force et des armes dites non létales par les forces de l’ordre ». Lire l’article

Ce dont les ministres ne doivent pas prononcer le nom : Nunez a parlé de “violences policières” / Marianne

Par Louis Nadau, le 23 janvier 2020

Invité de BFMTV ce jeudi 23 janvier, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a failli faire une regrettable boulette, en parlant à l’antenne de “violences policières”, avant de se reprendre. Un terme que les ministres, à la suite du président de la République, prennent soin de récuser depuis des mois. Lire l’article

Samir Baaloudj : « Pour nous, ces violences policières n’ont rien de nouveau » / Bondyblog

Par Ilyes Ramdani, le 22/01/2020

Après la loi Travail et les gilets jaunes, le mouvement social contre la réforme des retraites a révélé à l’opinion publique la réalité de violences policières bien connues dans les quartiers. Militant des quartiers populaires depuis plus de 20 ans, Samir Baaloudj nous livre son regard sur la médiatisation croissante de ces violences. Interview.

BB : Le mouvement social actuel a changé le regard sur les violences policières. Aujourd’hui, c’est un sujet qui fait réagir les partis politiques, les médias mainstreamet même le gouvernement… Alors que l’indifférence a longtemps régné à ce sujet quand ces violences avaient lieu dans les quartiers. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Samir Baaloudj : Depuis la loi Travail et 2016, les gens ont découvert les violences policières. Nous, on est partagés entre plusieurs réactions. On en rigole un peu, on est en colère et, d’un autre côté, c’est une bonne chose que tout le monde fasse aujourd’hui le constat de ces violences policières. Mais ça restera une bonne chose à une seule condition : que les militants, les syndicalistes qui souhaitent rejoindre ce combat n’oublient pas les principaux concernés par cette violence. Lire la suite